COVID-19, l’ennemi invisible.
2020, Le (re)nouveau monde ?
Novembre 2019, une mystérieuse pneumonie tue dans la province de Hubei en Chine.
La couverture médiatique est d’abord faible, quasi-inexistante. C’est loin la Chine...
Mais il s’agit des prémisses d’une terrible crise sanitaire qui touchera la Terre entière.
En Chine, chaque jour de nouveaux cas sont confirmés. On commence à se dire qu’il
faut peut-être prendre la chose au sérieux. Voilà qu’il existe un nouveau
CORONAVIRUS et qu’il s’avère potentiellement mortel. Identifié en Janvier 2020, on le
nomme COVID-19.
La nouvelle décennie commence avec son lot de mauvais présages : l’OZ en feu, les
tensions nucléaires et, cerise sur le gâteau du désastre, la pandémie.
Aujourd’hui, le monde va mal. Les humains sont malades ou craignent de l’être. Et
l’économie mondiale, par un énorme ricochet, se trouve elle aussi contaminée. Et par-
dessus tout cela, sur ce monde malade à la fois médicalement et économiquement,
plane un énorme et sombre brouillard d’incertitude.
L’Homme est confiné, cloitré... Des mesures exceptionnelles mais nécessaires pour
éviter la propagation du nouveau Virus. Des mesures pour combattre la fatalité
médicale. Des mesures qui aggravent la fatalité économique.
Cette situation n’a rien d’inédit : Rappelons-nous la Grippe Russe, Espagnol, Asiatique...
Celle de 1968 ou dernièrement, la Grippe A – H1N1.
Une épidémie née tous les 3 ans environ. Alors comment expliquer l’ampleur et les
conséquences désastreuses de celle-ci ?
La Chine : Une économie exponentielle. Une importante démographie. Un être humain
ramené au rôle de fourmi laborieuse. Un coin de terre où l’écologie reste un terme
abstrait, où on respire mal, où l’espèce animale tient essentiellement un rôle alimentaire
ou divertissant. Le berceau de développement idéal pour un Corona glouton.
Novembre 2019, la naissance d’une pandémie au marché de fruits de mer dans la ville
de Wuhan. Une propagation favorisée par les déplacements des humains à l’occasion
du Nouvel An Chinois, des liaisons externes (moteur de la mondialisation), ... et sans
doute des mesures tardives du gouvernement chinois. Il est évident que lorsqu’une
société poursuit un but essentiellement économique et militaire, il n’est pas préparé à
l’effet de surprise d’un coronavirus. La Chine devra rendre des comptes. Elle ne sera
sans doute pas la seule. Et les peuples seront d’autant plus sévères que, dans notre
époque éminemment scientifique, ils en étaient arrivés à penser que l’humain pouvait
quasiment dominer tous les sujets.
Quels sont les enjeux de cette crise majeure ?
L’enjeu humain, la survie. Nous devons faire face à un agent infectieux microscopique
infectant les cellules de son hôte via le mécanisme d’endocytose, aidé par un
récepteur : l’enzyme de l’angiotensine 2. Il s’agit d’un virus vicieux, qui prend le temps
de s’immiscer dans le corps de l’hôte tout en étant extrêmement contagieux. Il n’y a pas
de miracle, pour enrayer la pandémie il faut que le R :0 (taux de reproduction) soit
inférieur à 1 contre actuellement 2 à 3.
Pour cela, plusieurs possibilités : le vaccin, l’immunité collective, des tests, des mesures
drastiques (confinement, contrôle de la population, etc.). Nous avons passé la barre des
10 000 décès français (90 000 dans le monde), le virus circule encore. Ces mesures
sont-elles suffisantes ?
L’enjeu économique, le maintien. Il faut faire la distinction entre plusieurs éléments :
l’économie locale avec nos commerces, nos entreprises et l’économie mondiale.
Premièrement, les mesures prises par le gouvernement sont nécessaires mais
forcément dramatiques pour le tissu économique: la fermeture de nombreux
commerces, la restriction des déplacements, le chômage partiel d’un salarié sur cinq,
etc. Tout cela aura des conséquences importantes pour notre pays et pour nos voisins
européens ayant instauré des mesures drastiques similaires. Le pouvoir politique devra
réagir vite et efficacement pour tenter de sauver notre croissance dans les mois, années
à venir (en espérant que cela ne soit pas trop tard). Les citoyens et les entreprises
seront sans doute appelés à payer les pots cassés par des augmentations de taxes et
autres mesures d’austérité. Alors que, même si les « gilets jaunes » ne défilaient plus
guère, le mécontentement était déjà latent. Donc une délicate marge de manœuvre.
Deuxièmement, le krach boursier. COVID-19, le « François-Ferdinand » des marchés
financiers. L’élément déclencheur d’une crise que l’Homme savait inévitable.
Fin décembre 2019, le CAC40 effleure les 6 000 points. L’euphorie des marchés et un
engouement tendant à retrouver le niveau boursier d’avant 2008, les subprimes. Il ne
fait aucun doute que les marchés boursiers n’étaient plus corrélés à la véritable
économie.
La crise financière était inévitable. Les bulles spéculatives étaient présentes et le
couperet s’abaissait vers la tête de l’investisseur. « Rome ne s’est pas construite en un
jour ». Tout comme les réussites, les désastres ne se construisent pas en un jour : une
finance aveugle, un partage inéquitable des richesses, la ruine programmée de
l’industrie, une mondialisation effrénée, des politiques monétaires non conventionnelles.
Les beaux jours sont terminés !
Outre ces éléments, tous les autres secteurs vont être touchés. Les obligations d’Etat, le
marché de l’immobilier et du crédit, le refinancement des banques, etc. Nous allons
connaître prochainement une remontée des taux qui entrainera l’explosion d’autres
bulles spéculatives.
L’enjeu écologique, le sauvetage. Quel est le lien entre la pandémie et l’écologie ?
D’après une étude (Global trends in emerging infectious diseases, 990-993(2008)), sur
335 maladies apparues entre 1960 et 2004, 60% sont d’origines animales. COVID-19,
le dernier exemple en date.
Ce pourcentage n’a rien d’étonnant et la tendance est à la hausse. Les maladies
d’origine animale augmentent, mais c’est l’Homme qu’il faut blâmer. Faut-il vraiment, à
l’ère du numérique, de l’armement sophistiqué, une centaine de maladies d’origine
animale pour qu’on se soucie enfin des normes sanitaires, qu’on songe à les étendre au
monde entier et à toutes les couches de la société ?
Dans les pays en cours de développement, la destruction des habitats naturels, des
forêts, rapproche la faune sauvage des citadins, créant une promiscuité aux
conséquences encore inconnues.
Au regard des maux actuels, de leurs répercussions, peut-être prendrons-nous enfin au
sérieux la nécessité de nouvelles bases ?
Allons-nous retenir la leçon ?
Il ne s’agit pas de la première crise sanitaire. Il ne s’agit pas du premier krach boursier. Il
ne s’agit pas de la première épreuve à laquelle l’être humain est confronté.
Allons-nous retenir la leçon. Notre monde va affronter une quasi remise à zéro. Il va
devoir (avec humilité ?), se pencher sur une page presque blanche, enrichie cependant
des enseignements du passé.
Cette crise doit mettre en lumière que l’Homme et son monde ne sont pas invincibles !
Ne pas oublier que dans l’expression « apprenti sorcier », il y a d’abord le terme
« apprenti ».
(re)Créons une économie locale, relocalisons. Faisons-en sorte que la finance soit au
service de l’Homme et non l’inverse. Vivons en harmonie avec notre Terre, berceau de
la vie. Nous sortirons plus fort de cette crise, tirons les bonnes conclusions !
Finalement, une pandémie n’est-elle pas une bulle destructrice ? Mais la suite d’une
pandémie peut-elle aboutir à une vraie reconstruction ?
Nous allons connaître une ère d’interrogations. Saurons-nous leur donner les bonnes
réponses ?
Lucas LACOSTE
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